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Pourquoi je travaille à Voie F ?
J’ai commencé sans savoir. Qui étaient ces femmes, leurs blessures, leurs maladies, bataille quotidienne pour faire face. Elles arrivent souvent en disant qu’elles ne savent pas écrire. Et elles écrivent : leur pays, là-bas, les souvenirs d’enfance, le périple qui les menées ici, le froid qui les a saisies, de curieux mariages, des ribambelles d’enfants, des ruptures fracassantes, l’Hospice Général, les AS, les psychiatres… Quand elles s’en vont avec leur modeste brochure sous le bras, le recueil de leurs textes imprimés “comme dans un vrai livre“, avec leur photo en couverture, il arrive qu’on les voie marcher d’un pas un peu plus sûr, le sourire aux lèvres, quelques nouvelles adresses en poche. Et l’on se prend à espérer pour elles.
Il paraît que l’intégration des étrangers vient en tête des préoccupations de la population suisse ; je travaille à Voie F pour ces courts moments d’espoir.
Anne Brüschweiler
