Rapport d’activités 2005
ACTIVITES 2005
Le semeur a plus d'un geste auguste
L’année 2005 s’est déroulée sous le signe de la diversification : diversification des activités et des publics, multiplication des animateurs intervenant sous la bannière du grain des mots.
L’évolution la plus remarquable concerne l’éventail des actions destinées à rapprocher le livre, l’écriture et la lecture d’un public de plus en plus nombreux et participatif. A cet égard, la Fureur de lire aura marqué, fin septembre, le temps fort de l’année. Mais aussi une forme de reconnaissance du projet initial de l’association, qui s’était notamment fixé pour objectif d’explorer les différentes formes de médiation de l’écrit : ateliers d’écriture littéraire et professionnelle, certes, mais aussi ateliers pour l’intégration ; ateliers d’écriture théâtrale, de lecture à voix haute, de calligraphie, d’art postal ; rencontres avec des écrivains, lectures publiques, conférences et colloques professionnels ; publications… Espérons que la liste ne sera jamais close !
On note en revanche un léger recul du côté des ateliers d’écriture littéraire et professionnelle. A en juger au nombre de demandes de renseignement, l’intérêt semble soutenu, mais l’investissement en temps, en énergie, parfois en coût, semble souvent rédhibitoire aux participants potentiels.
Voilà comment, par choix autant que par nécessité, le semeur a eu l’an dernier plus d’un geste auguste.
1. LA FUREUR DE LIRE
Ce fut non seulement le plus grand succès, mais aussi l’effort principal de l’année. Donc, commençons par là.
La Fureur démarre en fait en septembre 2004, un an avant la manifestation proprement dite. Définition du thème, brainstorming, choix des partenaires, contacts avec les auteurs ou artistes invités, budgets, épreuve de réalité, changements de programme, identification des principaux lieux d’animation, scénographie, mise-en-scène, logistique, etc. Des séances, des téléphones, des rendez-vous, encore des séances… Un projet culturel ordinaire !
Traditionnellement, la Fureur de lire consistait à coordonner pendant quelques jours des animations autour d’un même thème, décliné dans les lieux habituellement dédiés au livre : bibliothèques, librairies, institutions culturelles diverses, subventionnées ou privées. Nouveauté de l’édition 2005 : le Département des Affaires culturelles de la Ville de Genève (DAC) a souhaité proposer tous les soirs, ainsi que le week-end, un lieu de convergence des animations et des publics.
C’était donc le mandat du grain des mots : établir la programmation et assurer la coordination d’une centaine d’animations autour du livre et de l’écrit, du 21 au 25 septembre, à la Maison communale de Plainpalais.
Des lectures publiques, des rencontres avec des auteurs, des vernissages de livres, des signatures, des ateliers d’écriture, bien-sûr, mais aussi des ateliers de lecture à voix haute, de calligraphie, d’art postal, un concours épistolaire, un blog, un laboratoire d’écriture sur internet, un comptoir d’objets d’écriture, une soirée dédiées aux lettres et aux saveurs arabes, des chroniques sonores, de la poésie sonore, un marché du livre d’occasion, un bal… Impossible d’énumérer toutes les activités, tous les spectacles qui ont été offerts durant ces cinq jours. Le public a été nombreux, formidablement attentif, souvent participant, très sensible à la poésie des lieux – et au soleil qui engageait à s’installer sur la terrasse de la Maison communale, pour bouquiner ou siroter un verre en admirant les transparences de l’Arbre aux livres, une sculpture installé pour l’occasion par un artiste géorgien.
2. LES ATELIERS D’ECRITURE
L’écriture littéraire
Malgré le nombre restreint d’ateliers offerts dans le programme du grain des mots en 2005, le taux de participation a été plutôt faible et certains ateliers ont dû être reportés, voir même annulés, faute d’un nombre suffisant d’inscriptions. Cela dit, lors de chaque atelier Découverte, les participants expriment leur satisfaction de manière quasiment unanime : ils ont renoué avec leur désir d’écrire, exploré des formes inhabituelles, découvert le plaisir de lire à voix haute, de partager et commenter des textes ; ils repartent la plupart du temps avec une liste impressionnantes de livres qu’ils iront acheter ou emprunter à la bibliothèque.
L’atelier régulier s’est poursuivi sur le premier semestre avec un groupe des plus ferventes (féminin, exclusivement féminin…), réunies une journée pleine chaque mois. Les questions abordées dans ce cadre sont de plus en plus pointues, touchant aussi bien les aspects formels que thématiques de l’écriture. La régularité et les exigences construites en groupe ont un effet stimulant sur chacune des participantes, qui constate d’elle-même les progrès accomplis dans la définition d’un style propre et le désir d’aller vers un projet de plus longue haleine. C’est ainsi qu’à leur demande, un nouvel atelier d’accompagnement de chantiers d’écriture plus long a été mis sur pied pour 2006.
L’écriture théâtrale
Sous le titre Auteur’s studio s’est tenue pendant la Fureur de lire une expérience particulièrement audacieuse. Il s’agissait d’écrire collectivement, en quatre jours, l’esquisse d’une pièce dramatique présentée “à chaud“, lors d’une lecture publique. Là encore, seules des plumes féminines ont accepté de prendre le risque de ce marathon d’écriture. A l’issue de leurs rencontres, elles ont proposé au public de la Maison communale de Plainpalais, ébahi, un texte fragile, drôle, pittoresque, des bribes qui ont suscité pour beaucoup l’envie de pousser plus loin l’aventure.
L’animatrice, Sylvie Chenus, exerce à Paris les métiers d’auteure, comédienne et metteuse-en-scène ; elle reviendra à Genève avec de nouvelles propositions d’animation au programme 2006 du grain des mots.
L’écriture professionnelle
Peu de demande du côté de l’écriture professionnelle cette année et peu de concrétisation. Une exception notable : la Télévision Suisse Romande, a souhaité reconduire l’atelier destiné aux speakerines, Ecrire pour la télévision déjà proposé en 2004. Où la poésie délivre (un tant soit peu) la présentatrice des contraintes liées à la litanie des programmes… Un atelier d’écriture, mais aussi de mise en voix puisqu’en télé, il s’agit bien d’écrire pour parler. Les principales intéressées se déclarent enchantées de la démarche et leur chef juge lui aussi l’expérience positive – à tel point qu’il recommande désormais de l’étendre à d’autres professionnels de la TSR. C’est ainsi que le grain des mots sera notamment associé à la formation continue des assistantes de production en 2006.
Ecrire dans le champ éducatif, l’atelier d’écriture bimensuel, commandé par la Délégation de la petite enfance à destination des éducatrices et éducateurs travaillant dans les crèches de la Ville, s’est poursuivi avec succès jusqu’en mars 2005. Il a donné lieu à un dossier publié dans Petite enfance.5, le bulletin d’information de ce service municipal. En revanche, le stage qui devait amorcer un colloque sur le thème des « Traces d’enfance » (organisé fin novembre par la Délégation de la petite enfance) n’a pas attiré suffisamment de professionnels ; il a donc été supprimé.
Même déconvenue pour ce qui devait être l’un des mandats importants de cette année : l’atelier régulier intitulé Ecrire pour se former – se former à écrire (dix séances sur trois mois à destination des formateurs de l’enseignement secondaire) a finalement été annulé en raison du faible nombre d’inscriptions. Il correspondait pourtant à une demande de la direction de l’Institut de formation des maîtres de l’enseignement secondaire (IFMES), avec laquelle nous entretenons des partenariats réguliers (voir plus bas, sous Conférences et colloques professionnels).
L’écriture au service de l’intégration
Le partenariat avec Voie F- Espace de formation pour les femmes reste fécond : les ateliers d’écriture et d’initiation à l’informatique continuent à réunir un public de femmes en réinsertion qui produisent, à l’issue d’une démarche d’environ trois mois (une soixantaine d’heure en tout), un recueil de textes écrits et mis en page dans le cadre de la formation.
L’expérience acquise au fil des années – avec l’apport de la formatrice en informatique, Isabelle Mula, ainsi que le soutien indéfectible de Corinne Leuridan, coordinatrice de Voie F – commence à nous valoir une petite notoriété auprès des associations concernées par les questions d’insertion. C’est ainsi que nous avons été sollicités par le Service culturel des Hôpitaux genevois pour intervenir, en mai 2005, dans les IIIèmes Rencontres autour de la présence de l’art et de la culture à l’hôpital (voir plus bas, sous Conférences et colloques professionnels).
3. AUTRES ATELIERS
La lecture à voix haute
Animé par Gérard Guillaumat, comédien et grand lecteur, accompagné d’Isabelle Chladek, elle aussi comédienne et animatrice d’ateliers-théâtre, ce stage de lecture s’inscrivait dans l’offre très riche de la Fureur de lire 2005. Il visait un objectif très simple mais pas forcément facile : trouver du plaisir et de la liberté dans la lecture à voix haute – donc adressée à des auditeurs. Et là encore, le public de la Maison communale de Plainpalais a pu apprécier lors d’une lecture publique le travail accompli en une vingtaine d’heures par des lecteurs non-professionnels, amateurs de texte pur sucre !
Le récent engouement pour les lectures publiques, traditionnellement moins répandues chez nous que dans les pays germaniques ou anglo-saxons, a sans doute contribué au succès de ce stage.
Dans les ateliers d’écriture, la lecture orale rempli une fonction de “publication immédiate“ : chaque participant rend son texte public dans les minutes qui suivent l’écriture en le lisant à voix haute devant le groupe ; d’où l’intérêt d’ “apprendre à lire“. Tous ces arguments nous conduiront à proposer de nouveaux stages de mise-en-voix en 2006.
Atelier d’initiation à la calligraphie chinoise
Animé par Wang Fei, calligraphe chinois qui travaille habituellement dans son arcade du Poisson-Mandarin à Genève, et Jean Sahli, ancien cadre chez Nestlé, passionné de Chine et de calligraphie, ces séances d’initiation proposées dans le cadre effervescent de la Fureur ont constitué des îlots de calme dans le magnifique promenoir de la Maison communale. Peu de participants, mais beaucoup de concentration et un très vif intérêt de la part de ceux qui s’étaient lancés, parmi lesquels notre Président, particulièrement à l’aise dans le maniement du pinceau et de l’encre de chine.
Certains se sont questionnés sur cette irruption de la calligraphie dans une manifestation consacrée au livre. Comment séparer une démarche liée à l’écriture d’une réflexion sur le geste de celui qui écrit ? sur la forme physique, géométrique du texte, l’épaisseur du trait, sa couleur, sa rondeur, la qualité du papier ? N’est-ce pas là aussi, là d’abord, dans un mouvement du corps, dans le souffle de celui qui trace les lettres, que le grain des mots tire son origine ?
4. LES PARTENARIATS
Et si on s’écrivait!
Les liens avec cette association ont été particulièrement nourris cette année. Odette Mudry, l’une de ses fondatrices, anime désormais sous la bannière du grain des mots des ateliers Découverte et des week-ends Correspondance. Notons au passage que le thème de la lettre, très accessible pour les personnes qui débutent dans l’atelier d’écriture, s’avère aussi fécond sur le plan littéraire puisqu’il engendre des textes sous-tendus par la relation entre l’auteur et son destinataire ; dans une lettre, la place du lecteur – parfois si difficile à définir quand on écrit – est d’emblée constituée.
Mais c’est dans le cadre de la Fureur de lire que notre partenariat avec Et si on s’écrivait! a pris sa pleine mesure.
D’abord avec un Concours épistolaire qui a culminé pendant la manifestation. Plus de cent cinquante lettres débutant par la formule magique, Je vous écris d’un jardin, ont été glissées dans des boîtes disposées tout l’été dans les parcs publics, puis pendant la Fureur, dans les couloirs de la Maison communale de Plainpalais. Les lauréats ont été désignés le 25 septembre et leurs lettres lues devant un public très nombreux, manifestement composé de participants au concours qui se souciaient de savoir si leur lettre avait été retenue ! Finalement, grâce à un crédit spécial et à l’aide généreuse du Service de la promotion culturelle du DAC, une sélection de trente épîtres a fait l’objet d’une publication, puis d’une lecture publique à la Bibliothèque municipale de la Cité en février 2006.
Chaque jour de la Fureur de lire, Et si on s’écrivait !sollicitait la créativité du public en proposant un Atelier d’art postal (mail art). L’enveloppe pour message, ou comment redonner du poids à nos envois en marge d’internet qui les banalise.
Enfin, ajoutons que l’inventivité et le sens artistique des âmes actives au sein de l’association Et si on s’écrivait! nous ont valu l’une des visions les plus poétiques, mais aussi les plus enthousiasmantes de la Fureur de lire : quatre Tables d’écriture, installées aux quatre coins de la galerie dominant la grande salle de Plainpalais, elle-même transformée en parc public. Quiconque s’est assis à l’une ou l’autre de ces tables si joliment éclairées n’a pu s’empêcher de saisir la plume d’oie ou de cygne, pour la tremper dans l’encrier et écrire. Ecrire à la main comme on ne le fait plus si souvent… Toutes les lettres, scellées parfois dans d’extraordinaires enveloppes, ont ainsi été acheminées gracieusement vers leurs destinataires, par les bons soins de l’association.
Terres d’Ecritures
Grâce à Terres d’Ecritures, qui avaient déplacé ses quartiers de Grignan à Genève pour l’occasion, un Comptoir de vente d’objets d’écriture s’est installé à Plainpalais pendant la Fureur. Et le dernier jour, 25 septembre, le public a été initié aux délices et supplices de la plume d’oie, du pinceau chinois, du calame, des encres, des pâtes à sceau, papier de riz, papier vélin… Rien que les mots qui désignent ces objets sont savoureux, non ? On a ainsi pu voir le calligraphe Wang Fei, en personne, attablé avec ses deux enfants, écoutant avec une attention toute particulière les indications délivrées par la Christine Macé, fondatrice aussi dynamique qu’érudite de Terres d’Ecritures, sur l’usage de son magnifique Jardin d’écriture.
Cousu Mouche
L’équipe de Cousu Mouche est faite de garçons plus que de filles, tous très jeunes et très sympathiques, qui sont piqués à la fois de littérature et d’informatique. Grâce à eux, le public de la Fureur a pu découvrir les ressources presque infinies de l’ordinateur en matière de combinaisons de textes ; les enfants ont fabriqué leurs propres scénarios de bandes dessinées, et nous avons eu notre journal en ligne : fureurdeblog.ch, un site sur lequel tous les jardiniers de la Fureurs étaient invités à exprimer leurs commentaires sur la manifestation, des coups de cœur littéraires, des coups de gueule, des photos, bref, tout ce qui fait un blog.
Rencontres et cultures du monde arabe
Nombreuses sont les associations constituées de migrants qui ont participé à la Fureur de lire, mais Rencontres et cultures du monde arabe est exemplaire dans sa manière d’utiliser la culture pour déjouer les préjugés. En assumant avec goût et entrain la buvette de Plainpalais, en organisant une soirée entièrement dédiée aux cultures arabes (livres, contes, calligraphie, cuisine, musique et danse), Malek El-Khoury, Salam Twal et Alain Bittar, avec tous leurs amis, ont démontré leur volonté de partager, d’échanger non seulement des choses graves, des questions, des inquiétudes, mais aussi, tout simplement, du plaisir. Et quelle meilleure ouverture au dialogue qu’un plaisir partagé ?
Les Lectures Publiques
Une association qui offre à tout auteur sans distinction la possibilité de lire en public un texte non publié. A l’instar de plusieurs participants aux ateliers du grain des mots, j’ai eu personnellement la chance de pouvoir lire des fragments dans le cadre à la fois sobre, intime, délicieusement vétuste de la Galerie, “le dernier cercle poétique de Genève !“, dit notre amie Odette avec raison. Alors précisons qu’il se trouve rue de l’Industrie, dans le quartier des Grottes à Genève, et qu’on peut y entendre des textes inédits chaque mercredi soir, de septembre à juin.
Espace-Adoption
Avoir été adopté très tôt par Espace-Adoption, c’est la chance du grain des mots ! On ne dira jamais assez ce que la mise à disposition de ses locaux pour nos ateliers (et notre assemblée générale) représente comme soutien à la fois moral et financier. Merci à Christine Piffaretti et à son équipe, qui font preuve d’une souplesse formidable pour combiner leurs ateliers avec les nôtres, tout en douceur.
Les collectivités publiques
A noter encore, nos partenariats fructueux avec :
-Les Bibliothèques municipales, représentées par Dominique Berlie, responsable des animations culturelles, qui nous a confié deux Rencontres publiques avec des auteurs. Ce furent, en mars, la journaliste Anne Nivat pour Lendemains de guerre (Arthème-Fayard, 2004) ; puis en novembre, Annie Ernaux, pour L’usage de la photo (Gallimard, 2005). Ces deux entretiens ont rencontré un vif succès : beaucoup de monde et des discussions nourries.
- Le Département des affaires culturelles : Patrice Mugny, Martine Koelliker, Jean-Bernard Mottet et surtout Nathalie Chaix, responsable du Service de la promotion culturelle qui n’a ménagé ni son temps, ni ses efforts, ni ses idées pour concevoir la meilleure diffusion possible des événements organisés dans le cadre de la Fureur de lire. Parmi bien d’autres réalisations, on peut mettre à son actif l’élégant programme de la Fureur, ainsi que le recueil intitulé Je vous écris d’un jardin, publié à la suite du concours épistolaire éponyme.
- Le Département de l’instruction publique et tout particulièrement la secrétaire générale adjointe, qui a soutenu la réalisation d’un événement intitulé Atelier d’écriture et Rencontre avec Charles Julietsur le stand du DIP au Salon du livre et de la presse, le dimanche 1er mai.
Nous avons vécu ce jour-là trois heures d'une intensité rare. J’avais convié Charles Juliet à parler de son parcours d'écrivain et il s'est mis à raconter son long combat contre la dépression, le passage qu'il s'est frayé en écrivant jour après jour, pendant des années, utilisant les mots comme des serpes, pour sortir de la jungle de doutes qui paralysait son existence. Dans l'élan de cette conversation, j'ai proposé aux personnes qui se trouvaient là d'écrire à leur tour, en partant d'un texte apparaissant sur la quatrième de couverture du dernier ouvrage de Juliet (Au pays du long nuage blanc, P.O.L. 2005). Charles a donc entendu et commenté ces fragments “adossés“ à ses propres écrits; il en a été très ému et bon nombre des protagonistes de cette rencontre l'ont été avec lui. Tout cela malgré le brouhaha de Palexpo…
5. CONFERENCES, COLLOQUES, PUBLICATIONS
Ecrire pour se former – se former à écrire, intervention pour la Conférence des formateurs de l’Institut de formation des maîtres de l’Enseignement secondaire, réunie à Genève, le 8 avril 2005.
Cette intervention comprenait une partie théorique sur les usages possibles de l’écriture dans le domaine de la formation, ainsi qu’une séance expérimentale destinée à “faire goûter“ la démarche des ateliers à une quarantaine de profs et doyens d’établissements intéressés. Grands succès ! Beaucoup d’échanges, de questions, de rires autour des textes produits par les profs dans un registre plus personnel qu’il n’est d’usage dans les cercles pédagogiques habituels. Bref, un plébiscite : ils étaient vingt au moins à souhaiter poursuivre l’expérience dans le cadre d’un atelier régulier (dix séances sur trois mois), qui leur a été proposé sans délai, dans le programme de formation continue de la rentrée. Mais là, grand flop ! trop peu d’inscriptions effectives : le rush de l’automne, les nouveaux horaires, la surcharge administrative, l’investissement nécessaire pour “entrer dans la démarche“ furent quelques-unes des explications avancée par la direction de l’IFMES, désolée tout autant que nous de voir l’aventure tourner court…
Ecrire sans savoir – un atelier d’écriture au service de l’intégration, IIIèmes Rencontres autour de la présence de l’art et de la culture à l’hôpital, organisée le 20 mai 2005 à la clinique de Belle-Idée. Le service culturel des Hôpitaux universitaires genevois nous a ainsi fourni l’occasion de faire le point sur quatre ans d’expérience d’écriture avec des femmes en réinsertion professionnelle. C’était une chance aussi de faire connaître notre démarche, qui conjugue la pratique de l’écriture créative et l’initiation à l’informatique, et de pouvoir la confronter avec d’autres expériences, notamment celles qui sont menées avec des patients psychiatriques. La conférence a été suivie d’un atelier d’écriture illustrant les différentes démarches. Les Actes de ce colloque ont été publiés sous le titre Ecritures intuitives, Ecritures créatives – autour d’une écriture hospitalière, aux éditions HUG - La Baconnière/Arts (Genève, mai 2005).
6. LE grain des mots SUR INTERNET
Notre site est en ligne ! www.legraindesmots.ch a mis du temps à naître mais grâce à la somme d’efforts consentis par Etienne Français (de l’agence Etienne-Etienne) et Marion Brüschweiler, qui a joué et joue encore le rôle de webmestre talentueuse et efficace, la mise en ligne a pu s’effectuer en septembre, dans les jours précédents la Fureur de lire. Quiconque en a assumé la responsabilité sait qu’un site exige des soins, du temps, une attention constamment renouvelée ; qu’il n’est jamais terminé, jamais parfait, toujours en quête d’amélioration. Vous nous aiderez considérablement en formulant vos remarques et commentaires sur la mouture actuelle.
ET POUR FINIR…
… le mot de la directrice : MERCI.
Merci au comité de l’association, ouvert aux surprises et à la nouveauté, généreux de son temps et de son soutien, et si patient quand il s’agit des formalités à remplir.
Merci aux membres de l’association qui répondent si cordialement à chaque invitation, chaque rendez-vous, qui parlent de nos activités autour d’eux, s’y intéressent, en proposent de nouvelles, d’inattendues.
Merci à Christine Piffaretti et à Espace Adoption qui offre un cadre idéal à nos ateliers.
Merci à Françoise Grousson, Nicolas Dzierlatka, François Cochet qui visent et supervisent scrupuleusement nos comptes.
Merci aux personnes qui prennent le risque de venir écrire et partager leurs textes sous l’égide du grain des mots. Et entre toutes, j’aimerais dire ma reconnaissance aux participantes de l’atelier régulier, qui ont bien voulu me suivre sur des chemins non-balisés ; cette confiance-là nous a permis d’inventer un espace d’échanges, de solidarité et de créativité tout-à-fait rare par les temps qui courent.
Anne Brüschweiler
