Rapport d'activités 2003

ACTIVITES 2003

Ateliers d’écriture littéraire

Le succès le plus marquant s’est réalisé dans le cadre de la Fureur de Lire 2003, avec La nuit d’écriture érotique : une trentaine de participants lancés dans l’aventure d’écrire jusqu’au petit matin sur ce thème à la fois intime, ébouriffant, passionnant du désir ! La lecture des textes au petit-déjeuner, la fatigue aidant, a bien restitué la part de rire et d’émotion, de peur et de désir mélangés qui traverse au fond tout atelier d’écriture, érotique ou non, pour autant que les participants acceptent d’y risquer quelque chose d’eux-mêmes qu’ils ne savent pas d’avance, mais qui s’écrira, sera lu et entendu avec respect.

Les autres ateliers ont connu des taux de fréquentation variables, essentiellement féminins (pourquoi, mais pourquoi donc ?), avec une qualité d’échanges et un indice de satisfaction généralement élevé.

En mars 2004, l’atelier intitulé Adoption, parcours d’écriture a donné lieu à une lecture publique à l’occasion de l’inauguration des locaux d’Espace Adoption. Une centaine de personnes, ainsi que plusieurs membres des autorités de la Ville et du Canton de Genève, ont ainsi pu apprécier la démarche qui permet à la fois de constituer la mémoire d’une famille et d’en partager quelques bribes avec son entourage, proche ou lointain.
L’Atelier régulier a conduit une dizaine de femmes (je vous le disais !) sur des chemins d’écriture variés, à raison d’une journée par mois. Et, enfin, le stage de l’Ascension sur les Carnets de voyage a suscité des échanges nourris entre des participantes – grandes voyageuses ! - dont l’âge s’étalait entre 30 et 70 ans.

Je suis pour ma part souvent émue par le courage qu’il a fallu à certains pour franchir le pas d’écrire et de lire des textes au sein d’un groupe. Courage récompensé quand les uns ou les autres repartent avec l’élan d’écrire et d’être lus au-delà de l’atelier.
Signalons enfin, c’est important, que le dialogue avec la littérature occupe une place essentielle dans le dispositif que nous proposons : pas une journée d’atelier sans que l’on ait découvert un livre, souvent plusieurs, un auteur d’hier ou d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs ; on échange des références, on se dispute sur tel ou tel texte détesté ou adoré, on s’approprie un thème ou une forme pour bricoler notre propre parcours d’écriture. Bref, pas moyen d’écrire sans brasser – embrasser - des livres !

Ateliers d’écriture professionnelle

Ils se sont tenus dans le cadre de l’IFMES (Institut de formation des maîtres de l’enseignement secondaire) et concernaient donc un public d’enseignants-formateurs. Les uns (la majorité, heureusement!) très preneurs, les autres un peu contrits, un peu contraints… On a beau savoir que c’est la règle des ateliers proposés dans un cadre professionnel, l’exercice reste périlleux. Mais néanmoins payant ! C’est la raison pour laquelle cette première expérience nous pousse à poursuivre et développer nos projets destinés à promouvoir l’écriture créative au sein de l’Instruction publique.

 

Ateliers d’écriture pour l’intégration

Soutenus par l’IMES (Office fédéral de l’immigration, de l’intégration et de l’émigration), 5 ateliers ont eu lieu en 2003 et début 2004 dans le cadre de Voie F - Espace de formation pour les femmes, à Genève. Conçu spécialement à l’intention d’un public de femmes peu scolarisées, dans le cadre d’une démarche de réinsertion, le principe de l’articulation entre atelier d’écriture et initiation à l’informatique porte ses fruits : les participantes produisent désormais pour chacun de ces ateliers un recueil de textes imprimés, brochés, illustrés qui met en valeur le travail accompli sur une période de 3-4 mois (une cinquantaine d’heures de formation en tout).

 

Lors d’une rencontre organisée deux mois après la fin de chaque atelier pour évaluer l’usage qu’elles font des compétences acquises, les participantes racontent que depuis leur formation à Voie F elles écrivent dans différentes circonstances qui les décourageaient auparavant : lettres d’excuse pour l’école, messages à la famille ou aux voisins, courrier administratif, lettres d’embauche, etc. Elles ont appris à rédiger un brouillon, demander de l’aide pour les corrections, taper à l’ordinateur, mettre en page, etc. Certaines disent même que depuis l’atelier elles se sont remises à écrire dans leur langue maternelle (correspondance internet ou journal intime), ce qui leur permet d’entretenir des liens avec leurs origines.

Ecriture citoyenne

La campagne “De Bagdad à Genève“, improvisée dans l’urgence pour exprimer le désarroi suscité par les premiers bombardements en Irak au printemps 2003, a mobilisé beaucoup d’énergie de la part de ses initiateurs. Des dizaines de messages sont parvenus à l’adresse public@legraindesmots.ch parmi lesquels six ont été sélectionnés pour faire l’objet d’une affiche exposée en ville pendant les manifestations organisées en marge du G8 d’Evian. Le gros travail éditorial nécessaire à la publication de l’ensemble des contributions sur le site du grain des mots n’a malheureusement pas pu être fait, faute de disponibilité des combattants.

Notons que l’idée ne devait pas être mauvaise puisqu’en fin de compte des milliers de messages ont été inscrits spontanément, et en trois jours à peine, sur le front jaune de nos commerces barricadés ! La question est ouverte de savoir comment financer et développer à l’avenir d’autres forums d’écriture citoyenne, notre partenaire (la Société Genevoise d’Affichage) s’étant déclaré prêt à reconduire l’expérience.

Le grain des mots dans la presse

Que ce soit dans Le Courrier, la Tribune de Genève, sur La Première ou sur Internet, les échos recueillis dans la presse sont intéressants, car ils ont fait l’objet de conversations souvent très longues avec des journalistes soucieux de rendre compte des différents plans sur lesquels opèrent les ateliers d’écriture : individuel et collectif, artistique et politique. Après tout, l’écrit reste aujourd’hui encore l’un des principaux critères de discrimination socio-professionnelle ; permettre au plus grand nombre de se l’approprier n’est pas un vain projet. A chacun de voir ensuite l’usage qu’il ou elle veut en faire, privé ou public, professionnel ou littéraire, poétique ou militant… la liste des alternatives n’est pas close !

Anne BRUSCHWEILER
pour Le grain des mots

TOUS LES ATELIERS EN 2003-2004

ATELIERS D’ECRITURE LITTERAIRE

Organisation Le grain des mots
- Découverte : 4 journées (29 participants)
- Atelier Régulier : 7 jours (8 participants)
- Carnets de voyage : 3 jours (8 participantes)

Partenariats
- Vas-y et raconte-moi ! : Vent des Routes, 3 heures (25 participants)
- L’adoption – Parcours d’écriture : Espace Adoption, un w-e (5 participants)

Interventions dans des manifestations publiques
- Festival de la correspondance de Grignan (Drôme), en partenariat avec Terres d’écritures :
Ecrire dans l’échancrure, une nuit (26 participants)
- La Fureur de lire, Genève, en partenariat avec la librairie le Vent des Routes :
Ecrire dans l’échancrure, une nuit (22 participants)
- La Fureur de lire, Genève, en partenariat avec la librairie du Boulevard :
Ecriture du désir - désir d’écriture, 3 heures (27 participants)
- Les dimanches du Musée d’Ethnographie :
Déménager et l’écrire avec Perec, 3 heures (4 participants)

ATELIERS D’ECRITURE PROFESSIONNELLE

- Les Antipodes, 1 journée (13 participants)
B :B - Ecole d’Arts Visuels, Bienne
- Le rapport d’observation, outil professionnel et relationnel , 2 x 3 jours (28 participants)
IFMES - Institut de formation des maîtres du secondaire, Genève
- Le contrat de formation, l’écrire ou le faire écrire ? 3 jours (15 participants)
IFMES, Genève
- Autour du goulag, 3 heures (5 participants)
HEI - Institut universitaire des hautes études internationales

ATELIERS D’ECRITURE POUR L’INTEGRATION

- Atelier d’écriture et d’initiation à l’informatique 3 sessions de 35 h. (20 participantes)
Voie F : Espace de formation pour les femmes, Genève