Ateliers d'écriture littéraire

Nouvelle érotique
 
Animation :  *** Cet atelier n'est pas au programme cette année.
 

Se saisir du corps de la langue pour s’y tailler un langage du corps, chacun le sien. Dans le vaste champ des écrits érotiques, chaque participant-e sera amené-e à tracer son territoire singulier pour proposer, à la fin du stage, le premier jet d’une nouvelle. Débutants bienvenus.

Je me souviendrai

Ecriture érotique

Je me souviendrai du cul rose du grand-père sur le tableau, de la taille fine de sa mère
Je me souviendrai de la tarte aux abricots d’Odette, du jus qui coule entre les doigts sur le papier
Je me souviendrai de l’après-midi à écrire sous le poirier, de mettre des insectes et des bourdonnements partout dans mes textes
[…]Je me souviendrai des doigts sur les touches de piano, petite sonate de Nadine
Je me souviendrai du javelot d’Odette, lionne rugissant
Je me souviendrai de Sophie qui n’est « pas une fille du Javelot »
Je me souviendrai de Marion qui dit tout de son père « le zizi à l’air »
Je me souviendrai du feu dans la cheminée sous les grands chandeliers
Je me souviendrai de Carla qui essaie de me faire passer pour une auteure mexicaine
Je me souviendrai des livres anciens sur les rayonnages du bureau, l’embrasure ronde en bois
[…]Je me souviendrai de la lecture dimanche, la nouvelle de Sophie longue et saisissante, celle de Carla audacieuse et drôle, celle d'Odette sensuelle et juteuse, celle de Cecilia fraîche et tendre, celle de Nadine poétique et magnifique
Je me souviendrai des volets jaunes et bleus, du cri qu’ils poussaient quand je les refermais le soir
[…] Je me souviendrai des premiers mots offerts comme des cadeaux : tentation de mordiller la bouche ou le sexe, jouir de la vulve
Je me souviendrai de la citation de Maulpoix, enfin pas de l’agencement des mots précisément mais de l’effet sur moi
Je me souviendrai de nos têtes sur nos textes penchés
Je me souviendrai de ma table cousue main, tapisserie colorée

N.C. Genève, 21.05.07

Je me souviendrai

Ecriture érotique

Je me souviendrai.
De la superbe maison qui nous attendait les bras ouverts.
De l’odeur éternelle de poussière ancienne et de tarte aux poireaux.
Des tableaux qui nous regardaient sans nous juger.
Du rire dans les escaliers.
Du jardin humide et délicat.
Des salons et des chambres.
Du gigot au Monbazillac.
De la lune sur la fontaine.
De la générosité de notre hôtesse, notre lumière, notre nourrice bienveillante.

C.F. Peseux, 23.05.07